L’Histoire du Costa Rica — Époque Précolombienne

Voyage guidé et sur mesure au Costa Rica

Pays aujourd’hui connu pour sa biodiversité et son absence d’armée, l’histoire du Costa Rica est riche et passionnante. Embarquez dans cette série d’articles qui vous fera découvrir le pays de la Pura Vida d’une nouvelle manière.

Décollons immédiatement avec la préhistoire du Costa Rica et partons à la rencontre des premiers habitants.

Les prémices de l’histoire du Costa Rica

L’histoire du Costa Rica ne commence pas avec l’arrivée des Espagnols en 1502. Elle a débuté bien plus tôt, en 1O 000 av. J.-C., lorsque des groupes de chasseurs-cueilleurs nomades arrivèrent dans la région. C’est lors des périodes glaciaires que ces populations, venues d’Asie, migrèrent en Amérique par le détroit de Béring.

Se nourrissant de plantes sauvages et de viande de mammifères (comme celle des paresseux géants ou des mastodontes). Elles foulent d’abord la terre du Costa Rica pour établir des campements temporaires. En attestent les outils en pierre et les pointes de lances retrouvés sur les sites archéologiques de Guardiria et Florencia-1.

Petit à petit, ces groupes commencent à cultiver le yucca et le maïs. L’agriculture entraîne un changement dans la société. Les communautés se font plus grandes, plus stables, et commencent à se sédentariser.

C’est à partir de 2000 av. J.-C. que l’on peut véritablement parler de sociétés agricoles. Elles construisent des villages permanents, intensifient et diversifient leurs cultures, notamment en intégrant celle des arbres fruitiers.

Les fouilles révèlent aussi que les poteries en céramique deviennent essentielles à cette époque. Elles servent à préparer, stocker et consommer les aliments. La grande variété de formes et de techniques décoratives utilisées est spécifique à la région. Posant ainsi les premiers jalons de l’identité costaricienne.

Jusqu’alors, les sociétés étaient égalitaires. C’est environ en 300 av. J.-C. qu’une hiérarchie commence à faire son apparition. L’organisation sociale se complexifie et la spécialisation des tâches se met en place. Il y a les artisans, les guerriers, les leaders religieux, tous sous le joug d’un cacique, un chef, dont le pouvoir se transmet par hérédité. Les villages deviennent alors plus grands et les échanges entre eux se font plus réguliers. L’or devient un symbole de haut rang social. En fonction du statut, les rites funéraires se font également plus élaborés. On garnit les tombes de pierres décorées, d’ornements en jades et de céramiques raffinées.

Les tribus originelles de l’histoire du Costa Rica

Prenons le temps de nous arrêter sur les principales communautés indigènes de l’histoire du Costa Rica :

  • Les Huetares :

Les Huetares sont considérés comme le groupe le plus influent du Costa Rica précolombien. Ils occupaient la vallée centrale, aujourd’hui les régions de San José, Alajuela, Heredia et Cartago. Une situation géographique idéale en raison de la fertilité de la terre et du climat tempéré.

Les Huetares étaient particulièrement bien organisés. Leurs chefs étaient puissants et savaient parfaitement gérer les échanges commerciaux et stratégiques avec d’autres communautés. Ils partageaient des techniques agricoles avec les uns et s’alliaient avec les autres pour contrer les menaces.

Aujourd’hui, on retrouve encore quelques membres de la communauté Huetares. Notamment dans la réserve indigène de Quitirrisí où ils ont su conserver leur langue et certaines de leurs traditions.  

  • Les Chorotegas :

Les Chorotegas vivaient dans la partie nord-ouest du pays. Correspondant à l’actuelle péninsule de Nicoya. Leur culture était fortement influencée par celle des Nahuas du Mexique. Ils ont d’ailleurs adopté leur calendrier solaire, certains rituels religieux, et le fonctionnement des villes en cités-États.

De nos jours, seules quelques traditions perdurent dans la région de Guanacaste. La communauté Chorotegas ayant été assimilée au reste de la population.

  • Les Bribris et les Cabécares.

Ces deux communautés, culturellement très proches, vivaient dans la région de Talamanca, au Sud-Est. Elles vivaient essentiellement de la pêche et de la culture du maïs, du yucca et des fruits.

Leurs croyances spirituelles, très fortes, étaient avant tout centrées sur les esprits de la nature. Leurs structures sociales étaient communautaires, sans hiérarchie rigide.

Les deux groupes vivaient en harmonie. Ils se mariaient, commerçaient entre eux, et partageaient des moments de pratiques et de rites religieux.

Actuellement, les deux communautés existent toujours. Elles ont préservé leur langue et leur culture, mais n’interagissent pas de la même manière avec le monde extérieur. Si les Bribris ont inclus l’écotourisme dans leurs moyens de subsistance, les Cabécares, eux, restent isolés. Vivants dans des zones difficilement accessibles, ils conservent un mode de vie proche de ceux de leurs ancêtres.

  • Les Caribes

Vivants sur la côte Caraïbes du Costa Rica ainsi que sur certaines îles, les Caribes étaient un peuple redoutable.

Désireux d’étendre leur influence, ils étaient souvent en guerre contre les autres communautés. Très agressifs, ils n’hésitaient pas à mener des raids contre leurs voisins, capturant leurs ennemis pour les utiliser dans des rituels guerriers. Ils maîtrisaient parfaitement la navigation. Et à l’aide de leurs canoës ils contrôlaient tous les échanges maritimes de la région. Leur nature guerrière et et leur besoin d’expansion ont, logiquement, créé des frontières culturelles très claires entre eux et les autres groupes.  

Aujourd’hui, il n’existe plus de communauté Caribes, assimilée au fil du temps et intégrée aux populations afro-descendantes.

  • Les Guaymíes (ou Ngäbe)

Les Guaymíes vivaient dans les régions montagneuses du Sud-est du Costa Rica, ainsi qu’à l’actuelle frontière avec le Panama. C’est l’une des rares communautés à ne pas s’être complètement sédentarisé.

Ils vivaient d’une agriculture itinérante et possédaient des traditions artistiques et culturelles très riches. On leur reconnait notamment une grande maîtrise de la fabrication de textiles et de poteries.

Dans cette communauté, les croyances religieuses avaient également beaucoup d’importances. Elles étaient fortement influencées par la nature et les cycles de la terre.

Les Guaymíes se mêlaient volontiers aux Bribris et aux Cabécares, avec qui ils troquaient des denrées et des produits artisanaux. Ces échanges permettaient aussi la diffusion des croyances, des mythes et des techniques artisanales entre les groupes.

Actuellement, on retrouve des représentants de la communauté Ngäbe au Costa Rica et au Panama. Ils ont conservé leur langue et leurs pratiques traditionnelles. C’est avec eux que j’ai eu la chance de passer trois jours lors d’un volontariat.

Bien d’autres communautés vivaient au Costa Rica. Parmi elles, les Nahuas. Venus du Mexique, ils influencèrent la culture Chorotegas, mais ne rayonnèrent pas davantage sur le pays.

 On retrouve également les Chibchas, venus de Colombie. Et les Borucas, un groupe isolé au sud du pays. Ces derniers sont les seules de ces trois communautés à toujours exister. Ils sont connus pour leur fête nommée « Baile de los Diablitos » (le bal des petits diables), célébrant la résistance des indigènes face aux Espagnols.  


Les Espagnols que nous aborderons dans le prochain article : L’histoire du Costa Rica colonisé. Nous retracerons ensemble les nombreuses expéditions des colons pour tenter de prendre le contrôle du pays. Ainsi que la résistance héroïque des Costariciens.

Source : Costa Rica Precolombina Los Primeros Costarricenses