Atterrissage en douceur.
Parce que 12 heures de vol, ça se sent vraiment passer. J’avais prévu un début de séjour à la cool.
Direction Orosi donc, petite ville entre les montagnes verdoyantes, où nous attend une maison typique costaricienne. Un peu à l’écart du bourg, la propriété est à quelques pas d’une rivière. Au fond du jardin en pente, une mini cascade naturelle est l’unique bruit qui berce la première nuit de nos voyageuses.
Le lendemain, l’idée est de se détendre. Mais tout de même ! Je veux qu’elles réalisent où elles ont atterri. Alors, après une heure de route,
nous atteignons le sommet de l’Irazu, à 3400 m, où la chance, qui ne nous quittera pas du voyage, fait son apparition.
Car aller voir un volcan, c’est toujours faire un pari sur la météo. Et quand les nuages sont là, tu ne vois ni cratère ni panorama, seulement un épais brouillard humide.
Aujourd’hui, comme par enchantement, la grisaille disparaît au dernier virage et nous offre un spectacle des plus fabuleux : celui d’un cratère et de sa nature différente, volcanique, presque sans vie et pourtant si fertile, à la fois maudite et bénie.

Place au réconfort...
... Bien qu’il n’y ait rien à consoler parce que tout va bien ! On est au Costa Rica !
Comme l’altitude ça donne faim. Premier arrêt au restaurant pour ces dames qui découvrent le Casado et l’Olla de Carne, deux plats emblématiques du pays. La rencontre avec la nourriture locale et ses grandes quantités est un succès. Les ventres sont repus, idéal pour une petite sieste sur le temps du retour, ou pour se laisser aller à observer les montagnes et les champs de pommes de terre, la spécialité de la région de Cartago. Tout est vert, tout est calme, ça sent bon la campagne !
À la maison, deux masseuses nous rejoignent pour détendre les corps malmenés par Air France. En attendant leur tour, les unes partent marcher tandis que les autres discutent sur la terrasse, admirant des arbres aux fleurs flamboyantes, ici rouges et là-bas jaunes.
J’accompagne celles qui veulent retirer de l’argent au distributeur et sur le chemin, voyant une église, elles me demandent si on peut la visiter. La messe semble juste se terminer, mais quelques paroissiens nous accueillent à bras ouverts, rallumant la crèche pour nous et nous offrant du pain, des bonbons et une eau chaude au sucre de canne.
Nos voyageuses sont stupéfaites. C’est l’hospitalité costaricienne.
La journée se finit au restaurant pour celles qui le souhaitent. En voyant ma boisson verte où semblent tremper des herbes de provence elles s’intriguent.
J’explique : c’est une Limonada con Hierba Buena, une citronnade avec un genre de menthe poivrée, aussi rafraichissante que délicieuse. L’essai est convaincant.
Tout comme ce premier jour.
Qu’il est facile de s’acclimater au Costa Rica.
Danser, manger, dormir : la recette du bonheur
Pour ce deuxième jour, direction San José où nos huit Françaises sont ravies d’aller danser. En effet, le groupe a pour dénominateur commun une association de danse, en rencontrer une autre sur place m’a paru être une bonne idée. Pas besoin de se comprendre quand les corps vibrent à l’unisson.
Comme la danse ça donne faim ! On s’oriente vers le marché central pour y manger dans une institution costaricienne : le soda Tala.
Ici rien n’a bougé depuis des décennies. La cuisine et la salle sont séparées par une allée où passent badauds et consommateurs qui voient passer au-dessus de leur tête les cris de la patronne qui gueule les commandes. Elle n’envoie pas de bons, elle ne répète pas deux fois, pourtant le service est rapide et sans faute.
Les voyageuses se régalent. Leur porte-monnaie aussi. 5€ le plat boisson comprise : le véritable esprit de marché.
Mon petit groupe est fatigué en rentrant à la maison, mais elles sont plutôt unanimes. Voilà une première étape bien réussie. Avant la nuit elles sautent de joie car je leur annonce que nous partons pour la plage le lendemain.
Ça m’étonne... elles semblent avoir complètement oublié le programme.
Je décide dès lors de m’en amuser, ne dévoilant nos prochaines activités qu’au fur et à mesure du séjour. Un programme à l’aveugle qui rajoute un peu de chile à ce voyage déjà savoureux.
Prêtes pour le Casado le plus authentique de leur vie.
Puerto Viejo’s style, Baby !
Aujourd’hui nous rejoignons la cote caribéenne. D’Orosi à Puerto Viejo, ce sont environ 4 h 30 de route. D’abord une longue descente de virages à travers les montagnes, puis une longue ligne droite qui nous enfonce dans la province de Limon, la plus humide du Costa Rica.
Ici on y fait pousser des bananes, beaucoup de bananes. Check donc dans ton magasin, si elles ne viennent pas des antilles, elles viennent d’ici.
Ici on mange aussi du Rice & Beans avec du poulet à la sauce caribéenne. Et c’est dans un restau approuvé à 1000 % par Silvia et moi- même que la route se termine. Ce n’est pas trop tôt, je sens que le contraste entre la température plus douce des montagnes et la chaleur lourde des Caraïbes se fait ressentir.
Pour rafraichir les corps nous déposons le groupe sur la plage. Silvia leur sert de guide tandis qu’Erick et moi installons les valises dans le logement.
Quand nous les rejoignons je m’octroie une baignade bien méritée et, depuis les flots, je distingue huit visages réjouis, complètement charmés par le paysage.
" La nuit s’est bien passée " me disent- elles.
Tu m’étonnes !
Dans la maison typique du coin que nous avons choisi pour elle, la nature entre comme elle veut car tout est ouvert. D’ailleurs la proprio m’a mis en garde : sur les deux frigos il y en a un qui ne doit servir qu’aux boissons, car les ratons laveurs savent l’ouvrir. Elles n’en verront pas, mais aperçoivent quelques capybaras.
Il ne faut pas longtemps aux sons de la mer, à quelques mètres de là, et des insectes nocturnes pour les envoyer dans les bras de morphée. Elles avaient peur que les moustiques les gênent, mais elles découvrent avec joie que le ventilateur de plafond, en plus de rafraichir, crée des perturbations aérodynamiques bien difficiles à traverser pour le petit insecte.
De toute façon, en vrai, il n’y en a pas autant que ce qu’on imagine.
Pour rester dans le thème des animaux, direction Cahuita, un parc national à quelques kilomètres de là.
C’est vrai... on y croise beaucoup de touristes. Mais ils sont là pour une bonne raison : l’endroit est spectaculaire et accessible à tous. Une longue promenade à l’ombre des arbres et le long d’une plage bordant une mer turquoise. Dans les arbres nos Françaises voient leurs premiers singes, des capucins et des hurleurs, ainsi que leurs premiers paresseux qui, coup de chance, sont plutôt actifs.
L’après-midi est consacrée à la sieste et à la plage. Sur le sable, les vacancières marchent lentement, touchées par la grâce de Puerto Viejo.
Avant le dîner, je rassemble mes ouailles :
" Demain, nous partons rencontrer les Bribris, l’un des peuples indigènes du Costa Rica."
Je t’arrête avant que tu t’imagines des gens en pagne. Comme je
l’explique au groupe, ils ne vivent pas reclus. Certains ont dû, d’autres ont voulu, se rapprocher de la modernité, mais ils ont conservé leur culture millénaire et acceptent de la partager avec nous.
"À ce titre, demain nous rencontrons un chaman."
Au moment de m’éclipser, ce sont des visages déjà rêveurs qui me souhaitent une bonne nuit.
Elle le sera, je suis rincé !


