PLEIN LA VUE !
Un jour, j’ai rencontré une femme outrée parce qu’un guide lui avait dit avant une sortie en mer :
« C’est pas sûr qu’on voit des animaux. »
Bah oui Madame ! Ici, c’est la nature, la vraie. Elle se fiche complètement du prix que t’as payé, elle fait sa vie et si tu vois quelque chose : c’est juste que t’as de la chance.
Ça, nos 8 Françaises l’ont bien compris. C’est donc avec le cœur et les yeux ouverts que nous prenons la route du Parc National Marino Ballena où nous attend un bateau rien que pour nous.
Il y a deux saisons pour voir les baleines au Costa Rica : de juillet à octobre, et de décembre à avril. C’est une étape incontournable pour les cétacés pendant leur migration car cette région du Pacifique, par la chaleur de ses eaux, est idéale pour les premiers mois de vie des baleineaux. Ici, ils sont relativement à l’abri des prédateurs (requins et orques) et peuvent tranquillement prendre leur 90 kilos journalier.
Nous embarquons donc en croisant les doigts dans un bateau tout neuf et, je le répète parce que quand même faut bien que je fasse la pub de mon agence, RIEN QUE POUR NOUS, tandis que les autres compagnies s’élancent avec une trentaine de personnes à bord.
Nous voguons depuis moins de dix minutes quand le capitaine reçoit l’info que nous attendons tous.
Changement de cap. Souquez les artimuses !
Je te jure. J’ai les larmes aux yeux en y repensant. Je l’ai déjà vécu deux fois et pourtant je ne trouve toujours pas les mots pour décrire ce moment magique où la baleine émerge à la surface. Dans le bateau il n’y a plus un bruit, juste du respect pour cette majestueuse créature.
Nous avons droit à un grand spectacle. Elle plonge, elle remonte, elle recrache l’eau par son évent tandis que son bébé s’amuse à sauter dans les airs. Y’a pas beaucoup de choses dans la vie qui procure une telle émotion. C’est beau. C’est puissant. C’est juste le plus gros animal du monde !
Tout ça c’est bien joli, mais si tu aimes vraiment les animaux, tu te demandes sans doute si les baleines sont contentes de voir autant de bipèdes flottants les regarder avec des yeux de merlans frits.
Alors, en vrai, je ne sais pas si elles sont contentes. Mais je sais qu’on ne les dérange pas. Ici on n’est pas au Far West ni au zoo, il y a des règles. Et en amont je me suis assuré que notre capitaine allait les respecter.
Déjà, quand on se rapproche de la bête, on coupe ses moteurs et on garde ses distances. Ensuite, le temps que l’on peut passer autour d’elle est limité. Et enfin, on s’assure qu’il n’y a pas trop de bateaux en même temps pour ne pas la stresser.
J’avais d’ailleurs prévenu mes voyageuses :
« Je préfère que vous rentriez sans en avoir vu, plutôt que de savoir qu’on les a dérangées.
Ce jour-là, toutes les embarcations jouent le jeu et la guide nous l’assure : vu comment le baleineau s’éclate, on est sûr qu’ils ne sont pas stressés. Je vais radoter un peu, mais la vie ce n’est pas un zoo. Ces animaux évoluent tranquillement dans leur milieu naturel et il est de notre devoir de les laisser en paix !
Est-ce parce que nous croyons profondément en ce discours que le destin nous gâte ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’après cette apparition royale, un banc de dauphins vient jouer autour de notre bateau, et nous avons même le privilège de croiser une deuxième baleine !
La sortie en mer se termine par une baignade en eau profonde et turquoise. Lorsque les voyageuses mettent pied à terre, elles ont des étoiles (de mer) dans les yeux.
Il est impossible d’évoquer le Parc National Marino Ballena sans parler de sa forme. Car aussi fou que ça puisse l’être, la plage forme un banc de sable qui, vu du ciel, ressemble à une gigantesque queue de baleine.
Toutes ces émotions ça donne la dalle. Pour le déjeuner nous avons sélectionné un restaurant évidemment typique et abordable.
Un bon Casado et ça repart !
Certaines de nos voyageuses me réclament depuis plusieurs jours de voir une cascade, je les emmène donc le lendemain à la plus haute chute d’eau du Costa Rica, j’ai nommé Nauyaca.
Pour la petite anecdote : j’y ai été l’année dernière avec Silvia, on a pris plein de photos trop mignonnes de nous deux avec mon téléphone. Et puis le soir, j’ai laissé ledit téléphone sur le toit de la bagnole. Il est tombé. Il s’est explosé. Et adieu les photos !
Bref. Ce matin-là, je t’avoue, notre équipe de guides de choc est un peu K.O est on laisse nos voyageuses faire la marche jusqu’à la cascade sans nous. Ça nous permet de vérifier quelques détails pour la suite du voyage.
On retrouve nos Françaises EN-CHAN-TÉES d’avoir découvert ce monument naturel. Et on finit la journée sur une plage paradisiaque où il n’est pas rare de croiser des Lapas (de grands perroquets rouge et bleu) et où les arbres penchent au-dessus du sable, offrant ombre et fraicheur avant de se réchauffer dans des eaux avoisinant 28 °C.
J’ai omis de te le dire en début d'article, mais le jour de notre sortie baleine, l’une de mes protégées était un peu malade et n’a pas pu se joindre à nous. Alors, le jour de notre départ d’Uvita, on change le programme et on se sépare en deux groupes pour lui permettre d’embarquer à son tour. Et comme la chance nous poursuit, elle a aussi le bonheur de voir les cétacés.
J’ai prévenu l’autre chauffeur :
« Sur la route, arrête-toi au Tarcoles, mais ne dis rien. »
Je fais de même.
Le Tarcoles est en fait le nom d’un fleuve au-dessus duquel passe la route qui longe le Pacifique. Sans donner d’explication, je me gare et invite mes passagères à venir sur la partie piétonne du pont.
C’est un peu haut. Mais ça vaut le coup de vaincre son vertige pour regarder en bas. Il y a là une tripotée de crocodiles dont, sans doute, le Papa de tous ceux du monde, vu sa taille de dinosaure. Un spectacle aussi terrifiant que fascinant.
La chaleur ne nous quitte pas du trajet. Entre Uvita et notre prochain lieu de villégiature, il y a environ 4 h 30 de route. Je ne te nommerai pas cet endroit, c’est notre petit secret. Je te dirai juste qu’il est au milieu des montagnes et que Daniel, notre associé, connait cette région comme sa poche.
En grimpant jusqu’au logement, je vois l’heure qui tourne. Si je fais tout d’une traite on ratera le coucher de soleil, mais comme j’ai bien saisi l’esprit du pays, je m’arrête sur le bord de la route pour nous laisser le temps d’en profiter.
Bien m’en a pris puisque ce fût le plus spectaculaire du séjour. /Je ne te le décrirai pas. C’est comme les baleines. Y’a pas de mots pour ça.
En fin de journée, nous arrivons sur une propriété isolée dans les montagnes. Le vent souffle et les températures baissent. C’est une tout autre ambiance que la plage, mais c’est bien là notre promesse :
DÉCOUVRIR TOUT LE COSTA RICA !


