Notre premier voyage au Costa Rica – partie 3

C’est quand qu’on arriveeee ?

Franchement ? Je crois que ce jour-là elles m’ont détesté !

Dans mon quotidien, j’aime beaucoup trop conduire et je considère qu’un trajet commence seulement à être long au bout de 56h.

Alors c’est vrai qu’en découvrant les 4 h 30 de route sur le GPS, j’embarque tout le monde dans le 44 sans vraiment réfléchir aux arrêts pipi.

Le truc, c’est que pour arriver à Tortuguero tu dois d’abord laisser ta voiture dans un parking, puis rejoindre un embarcadère où tu payes un bateau-taxi qui t’emmène jusqu’au village isolé au milieu des canaux. C’est fun, mais si le niveau de la rivière est trop bas tu peux vite te retrouver coincé au milieu des crocodiles. Donc, j’avoue, j’ai bombardé pour attraper la marée, ne daignant faire un premier stop qu’au bout de presque 3 h.

Pardon les filles.

En vrai, c’est un peu le far-west ce parking. T’es même pas encore garé que des tas de gens t’entoures pour te proposer le trajet et te faire réserver des activités. Y’a pas beaucoup d’endroits où je me suis senti pris pour un mégatouriste, ici, si.

L’avantage pour mes voyageuses c’est que maintenant j’ai le meilleur contact de tout le village et je ris de la tête déconfite de tous ces démarcheurs quand je leur annonce qu’on a déjà un bateau privé qui nous attend.

D’ailleurs notre capitaine est là. On charge les valises dans l’embarcation et on démarre direct. Le tout devant une flotte de bateaux publics toujours à quai et remplis d’étrangers qui nous regardent avec envie.

Alors là tu te demandes peut-être pourquoi elles me détestent ? C’est-à-dire qu’il est déjà 14 h, que le petit-déjeuner est un lointain souvenir et qu’on ne pourra manger qu’après une heure de bateau...

Repardon les filles !

La crème de la crème

Traitement VIP oblige, pendant que nos voyageuses s’alimentent enfin, on installe leurs valises dans les logements et on retrouve le MEILLEUR

GUIDE de tout Tortuguero. C’est avec lui qu’on va passer les deux jours et j’ai confiance en son œil et en sa passion pour offrir de splendides souvenirs à nos Françaises.

Le village étant tout petit et ne comptant aucune voiture, tu passes ton temps à croiser des touristes. Et comme notre promesse est de proposer un Costa Rica aux couleurs locales, j’ai beaucoup hésité à faire cette étape.

Mais c’était sans compter sur notre MEILLEUR GUIDE qui a l’intelligence de ne pas partir aux activités en même temps que les autres, ce qui nous donne le sentiment d’être seuls dans le village quand tout le monde est en excursion, et d’être privilégié quand nous partons à notre tour.

La première activité est une petite marche nocturne pour découvrir la faune des environs : geckos, lézards Jésus-Christ et grenouilles vertes aux yeux rouges, entre autres. Comme je te l’ai déjà dit, ce groupe est trop chanceux. Et alors que nous entamons le retour, notre guide nous dégotte un boa entre deux branches, « ça faisait des mois qu’on n’en avait pas vu dans le coin » nous dit-il tout heureux.

Le lendemain matin on enchaine avec une activité phare de la zone : un tour en canoë au sein du parc national. Cet endroit est un véritable paradis pour qui aime les animaux. Nous avons la chance d’observer de nombreux oiseaux marins, des iguanes aux couleurs flamboyantes, des singes, des tortues et des alligators.

Et puis, comme on a le MEILLEUR GUIDE, on a tout le temps du monde pour prendre des photos et lui poser un demi-million de questions auxquelles il a toujours les réponses.

Après un déjeuner à une heure plus décente que la veille et une petite sieste, nous remontons dans un bateau direction le « Cerro Tortuguero » : un petit mont qui surplombe la région. Personnellement,

cette vue m’émeut beaucoup. La jungle s’étend sur des kilomètres, elle est bordée par la mer des Caraïbes et divisée par un réseau de canaux qui s’enfonce dans les terres. C’est encore plus beau quand on sait qu’il y a 50 ans, cette zone était surexploitée pour le commerce de bois et qu’aujourd’hui la nature a pleinement repris ces droits.

Pour finir la promenade en beauté, l’Univers nous offre des singes hurleurs, des capucins et des paresseux réunis dans un périmètre de 10 mètres.

Ainsi qu’une petite grenouille toute rouge par terre.

une grenouille rouge et venimeuse observée à Tortuguero, au Costa Rica

Attention ! Un simple contact avec elle t’envoie à l’hôpital.

On termine la journée en visitant le village de San Francisco, là où vivent tous les locaux qui travaille à Tortuguero. Il n’y a rien à faire ici, pas d’activités, pas de restaus. Juste découvrir la vraie vie et profiter de la paix caribéenne.

C’est déjà le moment de dire au revoir à notre guide qui n’aura pas failli à sa réputation. C’est normal, c’est le MEILLEU... bon, t’as compris. Il a d’ailleurs tellement bien transmis sa passion que nos voyageuses ont désormais le regard affuté. Le plaisir de laisser leurs yeux se promener avec curiosité s’est intégré à leur quotidien.

Je suis sûr qu’elles ne verront plus jamais la nature de la même façon.

D’un bout à l’autre

Avant de nous séparer pour la nuit, j’ai une mauvaise nouvelle à leur annoncer : départ demain matin à 4 h 45 !

Elles font de grands yeux mais je me justifie, nous allons traverser le pays pour rejoindre la côte Pacifique dans un périple composé d’une heure de traversée et d’environ sept de route.

Grand manipulateur que je suis, j’agite une motivation : nous allons voir le lever de soleil à l’Est et le coucher à l’Ouest dans la même journée. Grandiose, non ?

Mais, grand consciencieux que je suis, je passe ensuite la journée avec la pression d’accomplir ma promesse tout en respectant un planning de pauses pensées pour qu’elle ne me déteste pas une nouvelle fois.

Je ne laisserai pas de suspense : La promesse est honorée !

Après avoir traversé des paysages grandioses, après avoir franchi le Zurquí et le Cerro de la muerte (le sommet de la mort, oui oui rien que ça), après avoir petit-déjeuné et déjeuné dans des restaurants aussi locaux que savoureux, après avoir essuyé la chaleur de Pérez Zeledón, j’ai le plaisir d’installer mes voyageuses dans une villa... comment dire... très très waouh !

Elle surplombe une immense propriété où quelques secondes après notre arrivée nous voyons déjà des colibris et des toucans. Le terrain surplombe lui-même les montagnes qui, elles, dominent l’océan Pacifique. C’est une mise en abîme de la splendeur avec, au fond de la carte postale, un ciel qui s’embrase et qui célèbre le coucher de l’astre solaire.

Pour nos voyageuses la journée se termine dans la piscine, nous nous repartons pour leur faire quelques courses. J’ai beau avoir tout un voyage dans les pattes, je ne refuse jamais un petit ride nocturne sur des pistes en terre.

Appelle-moi Sébastien Loeb !

Bon bien sûr, tout ça c’est pour rire.
Je sais bien qu’elles ne m’ont pas détesté.

Quand on s’est quitté, elles avaient toutes le sourire jusqu’aux oreilles. Et les mots qu’elles ont employés pour décrire leur voyage n’auraient pas pu me faire plus plaisir.

Mais oulala... on prend de l’avance là.
Il nous reste encore deux étapes avant la fin.

Pablo, guide au parce national de Tortuguero et un petit groupe de voyageuse

Ce voyage vous donne envie ?

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Tristan, guide francophone au Costa Rica

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Tristan